Accueil

Actualités

Téléchargement

Liens

Forum

A propos

 



Rechercher sur le site

Contact : oshiimamoru[at]free.fr

Adresse de redirection :
mamoruoshii.siteperso.net


Recevoir l'actualité :

Hagiographie 1

Article rédigé en 2001 par Bertrand Rougier, extrait du fascicule présent dans le DVD Collector d'Avalon édité par Studio Canal. Disponible en partie dans le hors-série à l'initiative du magasine Mad Movies distribuée gratuitement dans quelques salles d'art et d'essai pour la sortie du film en 2001.


Connaître la vie d'un artiste est en général en élément prépondérant pour être en mesure de déchiffrer son œuvre. Dans le cas de Mamoru Oshii, il s'agit d'une absolue nécessité !

Cinéaste sincère et discret, le réalisateur d'Avalon conçoit ses films comme des labyrinthes narratifs, possédant de multiples entrées. Il invite le public à venir explorer ses œuvres mais refuse de lui en donner les clés qui lui permettraient de sortir indemne du périple. Pourtant, l'exégète sait qu'Oshii puise son inspiration à la source de ses expériences d'homme et de cinéphile. C'est donc là qu'il débutera ses analyses et qu'il ira rechercher les réponses à ses questions.


MAMORU OSHII, CINÉPHILE PRÉCOCE

Mamoru Oshii est né au Japon, en août 1951. Aujourd'hui, il se souvient encore de ses premiers émois de spectateur qui remontent à l'époque où il usait ses fonds de culottes sur les bancs de l'école maternelle. Ce ne sont pourtant pas des films pour gosses que le jeune garçon dévorait. Il s'agissait principalement de drames, de Chambara (films de « cape et épée »), de films de gangsters ou de western, spectacles divers choisis par son père pour échapper à la morosité d'une existence grise comme le ciel de Tokyo. Dès lors, fasciné par le pouvoir des images, Mamoru Oshii va régulièrement faire augmenter sa consommation de longs métrages, jusqu'à ce que celle-ci atteigne lors de son entrée à la faculté, plus d'un millier de films par ans (dont un tiers d'œuvres pornographiques, de l'aveu du réalisateur).

A ce moment-là, Oshii a déjà vécu ses premières prises de conscience cinéphile et politique, à la suite d'une projection, en 1967, de La Lutte de Haneda, une plaidoirie insurrectionnelle qui inspira les mouvements nippons. Se rapprochant de groupuscules révolutionnaires et vaguement terroristes, Oshii perd sa place au lycée et quitte sa famille. Il laisse alors ses fractures de l'âme se résorber pendant qu'il tourne en rond, parfois des journées entières sur la ligne de train de banlieue « Yamanote », rêvant de guerres civiles, de chimères nées de la science-fiction et de l'international de Francs-Rêveurs. Durant l'été 1969, ses parents enferment Mamoru dans un chalet du col de Daïbosatsu. Là-bas, ses blessures d'adolescent rebelle se referment pour dévoiler une cicatrice adulte, qui jamais ne disparaîtra...

«Je me suis très tôt intéressé aux mouvements étudiants, se souvient Mamoru Oshii. Je participais aux manifestations et aux assemblées de groupes revendiquant moins d'autoritarisme du gouvernement. Cette période a beaucoup compté pour moi, même s'il est vrai que de très bon élève au collège, je suis devenu un élément médiocre au lycée et à la faculté. Avec mes camarades, la seule chose qui nous intéressait était de trouver une autre voie de développement que celle qui consiste à utiliser l'individu comme carburant de la machine sociale, jusqu'à ce qu'il se fasse broyer par elle.

A l'époque, nous habitions avec mes parents au rez-de-chaussée d'un grand immeuble. Comme il y avait de ma chambre une fenêtre donnant directement sur la rue, je fermais la porte à clé et je faisais souvent le mur ou semblant d'aller à l'école. Avec mes camarades, nous avions transformé ma chambre en bunker, nous y entreposions tous les documents et autres objets nécessaires à notre mouvement. La nuit, nous avions des réunions clandestines au cours desquelles nous refaisions le monde. Rapidement, les policiers sont venus à la maison. Ils ont prouvé à mes parents que j'appartenais à un groupuscule révolutionnaire. Mon père est aussitôt rentré dans une colère noire. J'ai peu à peu perdu ma place dans son cœur. Je me suis alors nourri des chimères nées de la science-fiction, en tournant en rond dans la ligne de train Yamanote, car rentrer à la maison devenait de plus en plus difficile. Comme je ne savais pas comment changer le monde, je désirais la guerre civile plutôt que la révolution. Les lycéens voulaient faire irruption dans le Ministère de l'Education Nationale. Je pense qu'on n'a pas le droit moral d'oublier la violence d'un engagement comme celui-là. Pourtant, aujourd'hui, les gens de ma génération, qui sont souvent en situation de diriger, semblent avoir fait table rase du passé.
(dans Avalon on peut considérer que le groupe des Wizards représente les insurgés des années soixante. Les notables qui assistent au concert final sont les mêmes personnes, embourgeoisées et résignées, quelques années plus tard – NDRL). L'être humain doit nécessairement évoluer. Mais, lorsque l'on désapprend, on régresse. Et, si l'on se spécialise trop, on meurt. Ne vous trompez pas, que l'on fasse un film se déroulant dans le futur ou le passé, on parle de toute façon du présent, croire le contraire est naïf. Futur et passé sont, au cinéma, perçus par le public comme de simples métaphores du présent. S'ils sont décrits comme étant sombres et cruels, c'est qu'en réalité le présent est ainsi. Chaque fois que je fais un film, le thème de la révolte est présent. Ce choix n'est pas délibéré, il se produit à mon insu. Les révolutions politiques, sociales, éthiques et techniques occupent une place prépondérante dans l'histoire récente du monde, qui ne s'est jamais développé aussi vite. Je ne parviens donc pas à occulter complètement ce sujet de mes films. Pour moi, « la police » représente toujours, de façon symbolique, une force réactionnaire, d'inertie, tandis que « les terroristes » figurent les forces du changement. Mais il ne s'agit pas d'une représentation basique du bien et du mal. Quand j'étais au lycée, je rêvais à des mutations radicales de la société. Peut-être qu'au fond de moi je ne suis pas vraiment pacifiste ! »


ENTRE CHIEN ET LOUP, UN AUTEUR SOUS INFLUENCES.

Subissant l'influence d'Andrzej Wajda, Jersy Kawalerowicz, Andrzej Munk et Ingmar Bergman, d'autres terroristes sociaux qui s'ignoraient, Mamoru Oshii va tourner en l'espace de cinq ans deux petits films amateurs en 8mm et trois autres en 16mm. Divagations mélancoliques et métaphysiques, ces métrages suivent le vol d'un pigeon ou le regard d'une jeune fille venant se perdre dans les eaux boueuses et polluées d'une mégalopole lacustre. « En ce temps-là, j'étais fasciné par le chef-d'œuvre de Chris Marker, La Jetée. Je voulais donc réaliser un film extrêmement soigné, un film beau à en faire peur ». Mais le manque de moyens, d'expérience et la propension d'Oshii à tomber amoureux de toutes ses « actrices » l'amène à penser qu'il n'est pas apte pour embrasser la profession de cinéaste.

« À cette époque, j'avais une très haute estime du cinéma, reconnaît Oshii. Bien que j'ai tourné deux petits films en 8mm, je ne rêvais que de longs métrages de 16mm. J'ai même acheté une caméra de 16mm sans avoir les moyens d'acquérir de la pellicule. Pendant deux ans, je l'ai transportée tous les jours à l'université, où je « tournais » sans bande pour enregistrer. Puis, avec mes dernières économies, j'ai pu acheter quelques pellicules. J'ai alors passé beaucoup de temps à essayer de donner vie aux arbres ou à la surface de l'eau... Comme j'étais obsédé par la perfection photographique, je cherchais toujours à améliorer cet aspect de mes films. J'ai donc pensé à un procédé que j'ai inventé et nommé la « lumière perméable ». J'ai ainsi photographié plusieurs scènes. J'ai fais développer les clichés sur du celluloïd, que j'enclavais entre deux parois de verre et que je « rétroéclairais » avec la lumière adéquate. Je me souviens également du tournage avec un pigeon censé hanter les nuits sans sommeil d'une fille rêvant que ce volatile se transformait en escadrille d'avions de chasse « F4 Phantom ». Contre l'avis de mon propriétaire, j'ai abrité l'oiseau chez moi. Dès le premier jour, l'appartement était couvert de fientes...

A cette époque, les milieux du cinéma étaient fréquentés par des gens de gauches assez radicaux, je ne m'y sentais donc pas dépaysé. J'aimais notamment le cinéma polonais, tout particulièrement les œuvres du trio Wajda, Jersy Kawalerowicz et Andrzej Munk. Ingmar Bergman me fascinait également. La photographie de tous leurs films était splendide et les thèmes qu'ils abordaient étaient graves. Je trouvais cela important de profiter du septième art pour raconter plus qu'une simple histoire. Les œuvres de ces quatre maîtres m'ont plus influencé que le cinéma classique japonais. J'ai également vu beaucoup de films américains, tous les longs métrages avec effets spéciaux et trucages, mais très peu de films d'action et aucune comédie musicale ».


En dernière année à l'université, comme il n'a toujours pas d'endroit où aller pendant les vacances d'été, Oshii demeure dans sa chambre d'étudiant, s'échinant dans de petits boulots et nourrissant une chienne errante. Coqueluche des étudiants durant l'année scolaire, la pauvre bête était, comme Oshii lui-même, abandonnée pendant la période estivale. En dépit de l'attention que Mamoru lui porte, l'animal décède lors d'un accouchement. Peu après, son diplôme des Beaux-Arts en poche, Oshii quitte la faculté pour s'essayer à un job de « disc-jockey multitâches ».

« Quand je suis loin de mon chien, mon stress commence à grimper » raconte Mamoru Oshii. « Quoi que je fasse, mon basset artésien normand y est toujours associé. D'ailleurs, c'est le seul point négatif en Pologne. Il y avait plein de petits chiens mignons, mais aucun n'était aussi joli que le mien, resté au Japon »


EXPÉRIENCES EN SÉRIE.

Entre 1975 et 1976, Oshii conçoit donc plusieurs émissions radiophoniques, apprenant de force et en « live » l'art du montage et du découpage. Mais, comme ces conditions de travail ne sont satisfaisantes, ni sur le plan artistique ni sur le plan économique, il démissionne et, après avoir brièvement collaboré avec une agence de publicité, il entame une courte période de chômage au moment où son pays est au sommet de sa prospérité.

Puis, un jour, il aperçoit une affichette sur un poteau électrique : il peut y lire que la Tatsunoko, grand studio d'animation, recrute. Mamoru décide donc de poser sa candidature. Sans expérience professionnelle ni affinité particulière à ce média, il choisit de mentir à son futur employeur et triomphe des tests d'embauche.

La carrière dans l'animation d'Oshii débute donc « tardivement », et par hasard, en 1978, lorsqu'il participe benoîtement à l'élaboration de la série Ippatsu Kita Kun. Mais, comme il apparaît que le jeune trublion possède de vraies aptitudes dans l'art de la confection des storyboards, il lui est rapidement permis (notamment à cause d'une carence d'effectif) de fourbir ses armes en tant que réalisateur sur la série Kenta et à l'occasion d'un show très populaire au Japon et en France : La Bataille des planètes. Malheureusement, par manque de modestie et de conviction, il laisse échapper la réalisation du long métrage de Lupin : Le Château de Gagliostro, dont la mise en scène échoit à Hayao Miyazaki. Possédant déjà quinze ans de métier, Miyazaki profita de l'aubaine pour enfin déployer l'envergure de son talent sur grand écran.

Mamoru Oshii doit encore patienter et s'aguerrir. Il quitte donc la Tatsunoko pour rejoindre le studio Pierrot, la fameuse société spécialisée dans l'adaptation des grandes œuvres de la littérature romanesque et enfantine sur petit écran.


PREMIERS LONGS MÉTRAGES D'ANIMATION.

Sous le haut patronage de Hisayuki Toriumi (que Mamoru Oshii considère comme son mentor) et de son futur alter ego, le scénariste Kazunori Ito, Oshii parvient à dompter l'art de la mise en scène lors de la fabrication de la série Les Aventures de Nils Olgerson. Dès lors, il sait comment inscrire sur le cahier des charges la puissance de ses délires et de ses convictions. De plus, même si le jeune homme versatile n'a pas oublié sa passion pour le cinéma de prises de vues réelles, il ne peut plus se désengager du média animé. En effet, perdant d'importantes sommes d'argent en jouant au mah-jong contre ses collègues, il est tenu de beaucoup travailler pour payer ses dettes.

En 1982, Oshii doit réaliser Les Mystérieuses cités d'or. Mais, le studio Pierrot déserte subitement le projet pour le remplacer par la série fleuve Lamu. Oshii met en scène plusieurs épisodes du serial ainsi que le premier film qui en est inspiré. Lamu : Only You marque un tournant décisif dans sa carrière. A cette occasion, Oshii abandonne définitivement le fenestron pour vivre pleinement une histoire d'amour / haine avec l'industrie nippone des arts. Lors de la conception du second film issu de la série Beautiful Dreamer, il s'affranchit totalement de l'œuvre originale (un manga de Rumiko Takahashi) pour affirmer sa conception unique du cinéma d'animation, donnant naissance à un film à la limite de l'allégorie philosophique. Mais, au Japon, son parti pris audacieux reste incompris. Ironie du sort, Harold Ramis réalise en 1993 Un Jour sans fin. Toutes les figures majeures de Beautiful Dreamer, composantes oniriques exceptées, s'y retrouvent, et le film américain se mue en succès planétaire... Quant à Oshii, il devient indépendant un 1984, dans l'indifférence la plus générale.


OAV, CHÔMAGE ET INDÉPENDANCE.

Cette même année, en 1984, Oshii choisit de révéler au monde son génie visionnaire. Il réalise Dallos, un dessin animé conçu spécialement pour la vente en vidéo. Il s'agit de la première OAV du monde (Original Animation for Video, c'est-à-dire un produit réservé uniquement à a diffusion sous forme de vidéo, LD ou DVD) ! Depuis, tous les concepts filmiques possédant un fort concept commercial ont adopté l'idée d'Oshii. De X-files en passant par les dessins animés de Disney, serials « live » et films animés possèdent désormais de manière presque systématique des séquelles inédites sous forme d'OAV.

Fort de ce premier succès personnel et commercial, l'artisan anarchiste explose enfin la carapace forgée par le mercenaire cathodique. L'Oeuf de l'Ange, créé en 1984 avec la collaboration du peintre Yoshitaka Amano, est un rêve fossile, une exégèse biblique, une métaphore divine et cruelle échappant à tous les stéréotypes. Elle annonce l'avenir du cinéma d'Oshii : évocateur, esthétiquement engagé et photographiquement parfait. Dans la foulée, Oshii profite de sa liberté nouvellement acquise pour tourner son premier film « live » professionnel, Lunettes Rouges, (The Red Spectacles - Akai megane) qui est doté d'un budget dérisoire de moins d'un million de dollars. Il s'aperçoit, à cette occasion, qu'il n'a pas encore réglé son Oedipe cinéphile et que ses années de labeur dans l'univers de l'animation ont un peu détraqué sa perception de l'espace et du mouvement.

Les œuvres éminemment réflexives, L'Oeuf de l'Ange et Lunettes Rouges, prirent le contre-pied des attentes du public. Oshii perdit donc la confiance des producteurs. S'ensuivit alors une période de chômage technique qui dura presque deux ans. Oshii en profita pour méditer sur ses « erreurs » et se moquer du système qui tentait de l'exclure avec Twilight Q/2, un fragment de pellicule déchiré entre l'univers des Monthy Python et celui de L'Oeuf de l'Ange.


HEADGEAR ET LA CONSÉCRATION.

Puis, Kasunori Ito offre à son ami Mamoru l'opportunité de collaborer à la création des OAV et des films Patlabor. Se forme alors l'ossature de leur team. Connu sous le nom de Headgear, il est composé de Oshii, Ito (scénariste), Kenji Kawai (compositeur), Kazuchika Kise (designer) et Hiromasa Ogura (directeur artistique). D'emblée, Oshii ne souhaite pas utiliser Patlabor pour faire amende honorable et encore moins un pas sur le chemin de la rédemption. Au contraire, pour imposer sa vision de l'œuvre du mangaka Masami Yuki, il combat violemment la nomenclature des studios ainsi que certains membres de son équipe. Finalement, il refuse de porter à l'écran un show de robots au profit de thrillers mettant en exergue les politiques du vide et de l'absence. Malgré un financement inférieur à 1,5 million d'euros (sic), Patlabor, le film contribua, comme Akira et Les Ailes d'Honneamise avant lui, a repoussé les limites techniques et narratives du cinéma d'animation. Une nouvelle mythologie se créa, à laquelle Oshii mit volontairement fin dans Patlabor II, un autre thriller de politique-fiction époustouflant qui permit enfin à son auteur d'entrer au panthéon des grands maîtres du cinéma.

Parallèlement à cette épopée, armé de sa seule volonté et de budgets avoisinant le néant, Oshii continue de développer des projets personnels. Gosenzosama Banbanzai est une satyre animé graphiquement proche de l'estampe et mise en scène comme une pièce issue du répertoire théâtral Nô. Une aventurière tente d'y usurper la place d'une jeune fille en s'incrustant au sein d'une famille bourgeoise. Stray Dogs Panzer Cops est un film « live » continuant l'exploration de l'univers des Kerberos, monde déjà visité dans Lunettes Rouges et un manga (Straydogs Panzer Cops). Le film d'animation Jin-Roh résumera et achèvera en apothéose la peinture de cette fresque, la plus politiquement engagée qu'ait peinte Oshii (il y projette ses traumas d'étudiant idéaliste sans manquer de sagesse). À noter qu'en 1992, Oshii met en scène un film hybride mêlant la prise de vue réelle et l'animation : Talking Head. À mille lieux de Roger Rabbit, l'objet du métrage est d'illustrer le célèbre théorème mathématique de l'incertitude de Gödel, qui prouve que l'on ne peut détecter le mensonge qui fait mention de soi.


DERNIER SANG.

Il faut pourtant attendre l'année 1995 pour que le nom de Mamoru Oshii s'inscrive en lettres d'or dans les esprits des cinéphiles du monde entier. Ghost in the shell s'impose d'emblée comme un classique et rejoint 2001, l'Odyssée de l'espace de Kubrick en terme de qualité de réflexion sur l'intelligence artificielle et sur l'évolution de l'humanité. Ce film est considéré comme le précurseur du boom de l'animation japonaise transatlantique et il a notamment subjugué de nombreux réalisateurs, dont James Cameron et les frères Wachowsky.

Employant la technique du rotoscope à un niveau encore jamais égalé, Blood, the Last vampire atteint des sommets en terme d'animation et de fluidité. En homme d'affaires compétent et honnête artisan, Mamoru Oshii, l'instigateur de ce projet insensé transfigura un simple « film de fin d'études », longtemps élaboré bénévolement et dans le but presque exclusif de révéler de jeunes talents, en une cosmogonie de jeux vidéos, mangas, jeu de rôles et même romans...

Aujourd'hui, s'il fallait trouver un superlatif pour qualifier le réalisateur, scénariste, illustrateur, romancier, créateur de concepts et de formules se cachant sous le nom de Mamoru Oshii, aucun ne serait suffisamment éloquent. Cependant, il est juste de considérer l'artiste nippon comme l'héritier de Bergman et de Kubrick, à ce détail près à ce génie frappadingue a choisi de diriger sa vie et sa carrière à la manière d'un Jean-Luc Godard ou d'un Terry Gilliam. On connaît pire schizophrénie.


haut de page